RECONSTRUCTION MOSQUEE DE PAZANI A OUAGADOUGOU

La coordination des jeunes musulmans du Burkina interpelle le chef de l’Etat

La reconstruction de la mosquée de Pazani au secteur 38 de l’arrondissement 9 de Ouagadougou a fait l’objet d’une conférence de presse  de la  Coordination des jeunes musulmans du Burkina(CJMB) ce 1er mai 2021 à Ouagadougou. Objectif de cette sortie médiatique : interpeller le Président du Faso au respect de la parole donnée pour la reconstruction de la mosquée démolie sur le même site.

Hamoudou Kaboré, président de la CMJB, et  Boubacar Dianda, vice-président de la CJMB, ont tenu les journalistes en haleine sur un sujet qui a jadis défrayé la chronique, en l’occurrence la mosquée de Pazani, dont la démolition a suscité un tollé dans les milieux musulmans notamment. Ce 1er mai, c’est une interpellation que les populations riveraines de la mosquée de Pazani ont adressé au Chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré, par l’intermédiaire des conférenciers de la CJMB, lui demandant de respecter la parole donnée. « Notre papa, notre leader », a dit le président de la CJMB, la jeunesse n’est pas content de lui parce que jusque-là, la promesse de reconstruire la mosquée de Pazani n’est pas tenue. Après un bref rappel des dates de la série de 13 rencontres  entre les mandants de la CJMB et les différents interlocuteurs dont les autorités, entre le 7 septembre 2020 et le 10 mars 2021, Hamoudou  Kaboré et ses camarades ont laissé entendre que c’est le statu quo et les riverains, las d’attendre, sont de plus en plus dans le doute et l’impatience. L’orateur principal de cette conférence de presse, Hamoudou Kaboré, a reconnu que les mesures gouvernementales prises le 07 octobre 2020 ont contribué à apaiser les tensions, ce qui a milité en faveur du report de la marche meeting de protestation que les riverains avaient projeté de faire, dans le cadre de la CJMB. La dernière rencontre dont a parlé la CJMB est celle qui s’est tenue  le  10 mars 2021 avec le Directeur général des libertés publiques. Une rencontre qui a suscité de l’espoir au sein de la CJMB, mais qui ne semble pas avoir dissipé les doutes et les inquiétudes posées, jusque là « les lignes n’ont pas bougé d’un iota » et parmi les 3 points inscrits dans la résolution de la crise, aucune mesure gouvernementale n’a été respectée, selon les conférenciers.  Ces derniers ont, par conséquent, lancé un appel solennel au président du Faso pour que, ont-ils confié, il prenne plus au sérieux la question religieuse qui est sensible, de leur point de vue.

Les conférenciers de la CJMB : 2e à partir de la gauche, le VP Boubacar Dianda, suivi du président Hamoudou Kaboré

« Si rien n’est fait d’ici le 1er juin prochain,  une marche de  protestation sera organisée à la place de la Nation, a prévenu le président de la CJMB. Celle-ci n’a pas exclu une  mobilisation avec le soutien de ses partenaires en vue de la construction d’une nouvelle mosquée, pour soulager les populations riveraines dans ce qu’elle a qualifié de « vie de calvaire sans mosquée ». « Une vie sans les symboles de l’existence divine n’a pas de sens », a souligné Hamoudou Kaboré qui en veut pour preuve le verset du Coran où Dieu dit : « Je n’ai créé les djinns et les êtres humains que pour qu’ils m’adorent ». Ce qui lui fait dire que la destruction d’une mosquée est un sacrilège. 

« Un congrès de consensus de la Oumma pour la paix »

Une vue des journalistes présents à la conférence

Quid de la reconstruction de la mosquée sur un autre site ? Pour  Boubacar Dianda, les populations riveraines ne veulent pas d’une mosquée sur un autre site, car une telle mosquée ne leur sera pas destinée. « Une mosquée se construit sur la demande et le besoin », a-t-il clarifié. Pour lui, les populations riveraines avaient besoin d’une mosquée,  raison pour laquelle elles ont fait appel à des gens qui sont venus les aider pour soulager leur peine de vivre sans mosquée. Une mosquée sur un autre site sera destinée à d’autres personnes, et nous voulons que soit restitué le joyau religieux à ceux qui en avaient le droit et en faisaient bon usage, a souligné le vice-président Dianda.

Pourquoi la CJMB ne s’intéresse-t-il qu’au seul cas de la mosquée de Pazani alors que la communauté des musulmans a beaucoup d’autres problèmes à régler ? A cette question, Boubacar Dianda a fait savoir, en réponse , que la CJMB fait des actions non médiatisées et celle-ci défend les intérêts de l’islam et de la nation là où ceux-ci sont menacés. Au passage, il a condamné les attaques terroristes qui, selon lui, paralysent l’économie nationale et endeuillent de jour en jour nos familles. Les conférenciers ont aussi appelé les deux camps opposés de la Communauté musulmane à s’entendre pour aller à un congrès de consensus et à la paix. Ils ont déploré la prise de position de l’ex-ministre en charge de l’administration et des questions du culte qui a adressé, de leur point de vue, une note au camp dirigé par El hadj Kouanda.  « Une note source de fitna qui  a divisé la Oumma », selon Boubacar Dianda.

Lonsani SANOGO