Recrudescence des attaques terroristes au Burkina Faso

Longtemps considéré comme un îlot de paix, le Burkina Faso est devenu en l’espace de quelques année,  un pays instable du fait de l’hydre terroriste. Depuis le 4 avril 2015, date de l’enlèvement du  roumain à Tambao dans le nord-est, le pays des Hommes intègres est dans l’œil du cyclone. Le nombre d’attaques et leurs lots de violences semblent s’accroître au fil des ans. Mais comment le système sécuritaire de ce pays, jadis réputé pour son efficacité dans la sous-région, peine-t-il à vaincre le terrorisme? Comment en est-on arrivé là? Éléments de réponse.

Tous les regards sont tournés vers le président Kaboré qui a la lourde responsabilité de veiller à la stabilité du Faso

Regain d’activités des bandes terroristes

De 2015 à 2020, les statistiques officielles font état de plus de 1000 morts, civils et militaires, des milliers de déplacés, des champs détruits et des habitations incendiées au Burkina Faso.

Jusqu’au premier trimestre de l’année 2021, il y a eu une sorte d’accalmie. Mais depuis avril 2021, les attaques ont redoublé en fréquence et la terreur qui les accompagne s’est surtout amplifiée. Presque pas une journée ne passe sans que les médias n’annoncent une actualité macabre au sujet des attaques terroristes. De la région du Sahel  en passant par les régions du Nord, du Centre-nord et de l’Est du pays…les Hommes Armés Non Identifiés (HANI) n’ont eu de répit quant à leurs incursions meurtrières. Ces zones sont devenues une sorte de «no man’s land» où les HANI circulent librement et font la loi.

Selon Infowakat.net, un média burkinabè en ligne, ces dernières semaines se sont caractérisées par un regain d’activités de la part de ces HANI: 3 personnes égorgées à Tin-Akoff et à Arbinda, 18 personnes tuées à Seytenga, 13 personnes abattues à Koudré dans le sahel; plusieurs habitations incendiées à Pissila dans le centre-nord; 30 civils tués à Kodyel et récemment l’enlèvement puis l’exécution de 3 journalistes occidentaux à Pama dans l’Est du pays. Cette saignée macabre sera-t-elle enrayée un jour?

Au Burkina Faso, on peut remarquer que le terrorisme gagne du terrain, en partie, du fait du faible maillage sécuritaire du territoire. Les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) semblent visiblement débordées et n’arrivent pas à elles seules, à faire sortir le pays du bourbier dans lequel il est plongé depuis un certain 15 janvier 2016. La contribution d’autres forces s’est avérée nécessaire. Et c’est cette nécessité qui a conduit le président du Faso, Roch Kaboré, à instituer les Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) en janvier 2020 afin d’aider les FDS dans leurs missions quotidiennes de maintien de la sécurité publique. Cependant force est de constater qu’une année après leur mise place, les résultats sont en deçà des attentes. Les populations des zones affectées ne savent plus à quel saint se vouer. Doivent-elles se résigner face au diktat des terroristes? Ou doivent-elles  y résister et à quel prix? Autant de questions que les populations des zones concernées se posent au quotidien sans en avoir la moindre réponse. Cela d’autant plus que la faible représentativité de l’Etat au niveau de ces zones semble être une aubaine pour ces forces obscurantistes qui y sèment à souhait la terreur avec son corollaire de morts et de désolation. Tous les regards sont à nouveau tournés vers le président du Faso, «garant constitutionnel de la stabilité du pays», qui doit nécessairement trouver la réplique.

Souvenons-nous que le terrorisme s’est amplifié en 2012 au Mali après la chute du guide libyen Mouammar Khadaffi en 2011 qui a occasionné une libre circulation massive et incontrôlée des armes. Il va étendre rapidement ses tentacules au Niger, au Tchad et à la Mauritanie. Le Burkina Faso, frontalier à ces pays, est resté pendant longtemps épargné par les attaques terroristes. C’est avec la chute du président Blaise Compaoré en 2014 et le démantèlement de sa garde présidentielle suite au putsch manqué de septembre 2015 que le pays des Hommes intègres sera dans le viseur de ces partisans de la terreur. Le pays semble depuis lors, être “confortablement logé” dans le cercle des pays en proie à ce «mal». A quand la fin de ce feuilleton macabre?

                                                                                              Abdoul Karim TAPSOBA