Recrudescence du phénomène des enfants de la rue à Cocody

La commune de Cocody, quartier huppé d’Abidjan, n’échappe pas au phénomène des enfants de la rue. Aucune statistique fiable sur le phénomène n’est disponible à ce jour.

Combien sont-ils ? 200 ? 800 ?… Personne ne saurait dénombrer exactement les enfants de la rue dans la capitale économique ivoirienne. Chose certaine, le cercle s’agrandit sous le regard impuissant des parents. C’est vrai qu’ils sont présents dans presque toutes les places publiques de la commune huppée, mais le Grand Carrefour 9 Kilos, à la Riviera 3 dans la commune de Cocody, semble être le nouvel Eldorado de ces enfants de la rue.

 Ils accostent tous les passants et automobilistes qui arrivent aux feux de ce grand Carrefour. C’est la ruée vers ce carrefour, car selon eux, c’est là que passent beaucoup de cadres du pays ou anciennes gloires du football. Dans leur rang, des adolescentes de moins de 7 ans. Leur présence est très gênante et encombrante à ce lieu. La nuit, ils règnent en maître, car dès que la voiture d’une ancienne gloire arrive à ce carrefour, il est envahi par la horde de bambins.  Tant que ce dernier ne leur donne pas quelque chose, ils peuvent le bloquer durant une dizaine de minutes. Une situation qui empêche la fluidité de la circulation et crée souvent des embouteillages monstres sur le boulevard Mitterrand.

C’est le lieu de préciser que ce fléau social  est antérieur au comportement des jeunes filles-mères adolescentes qui n’arrivent pas à s’occuper de leurs enfants.  Une fois l’enfant séparé des jupons de sa mère, il rejoint les autres enfants dans la rue, sous l’influence du chef de groupe. C’est aussi le malheur des enfants abandonnés, orphelins séparés de leurs familles et sans-abris.

Avec ces enfants de la rue, la force fait loi. Une jungle pour enfants, puisque c’est la loi du plus fort ou du plus futé qui caractérise les rapports humains. A l’observation, rien n’est donné, tout s’arrache.

Au grand carrefour de la commune de Cocody, ils se font passer pour des nettoyeurs de vitre de voiture. Une activité qui génère des fortunes diverses. Car la plupart d’entre eux sont victimes d’enlèvement. Comme témoigne le petit Brice, chef des enfants de la rue de la Riviera 9 Kilos. « Ma mère m’a dit de venir me chercher comme les autres enfants qui vendent l’eau sur la route. Et mon père ne vient jamais nous voir. Ce que je gagne ici, je le partage avec ma mère. Je peux passer un mois ici avec mes camarades avant de retourner à Attécoucbé. Nous dormons dans des maisons inachevées ou devant les magasins. En tout cas, tout va bien entre nous. Nous nous cotisons pour manger et nous sommes bien organisés. On essuie souvent les vitres des voitures pour les gens.  Certaines personnes nous offrent de la nourriture ou un peu d’argent.  Ce travail est beaucoup risqué car certains de nos camarades ont été enlevés par des inconnus. Et jusqu’aujourd’hui, nous sommes sans nouvelle d’eux »
source :Woroba-ci.net

Nang-yanan Raoul