Rentrée judiciaire : Les juges s’engagent dans la lutte contre le terorrisme

Roch Marc Christian Kaboré, président du Faso, garant de l’indépendance du pouvoir judiciaire, a assisté le 1er octobre 2021, à l’audience solennelle de rentrée 2021-2022 des juridictions du Burkina Faso. L’activité a été placée sous le thème « La contribution du pouvoir judiciaire à la lutte contre le terrorisme ». Une occasion pour les différentes institutions juridiques de mener des réflexions sur leur contribution à l’effort de guerre « contre les forces du mal ».

Cette rentrée solennelle a été le lieu pour les juridictions judiciaires de poser les difficultés rencontrées dans l’exercice de leurs fonctions. Dans un contexte marqué par la double crise, sécuritaire et sanitaire, les défis du moment s’avèrent énormes, nous a-t-on laissé entendre.. Cependant, le président du conseil supérieur de la magistrature, Jean Kondé, estime que « dans la lutte qui se mène contre l’hydre terroriste, la contribution des magistrats ne devrait pas être de trop ».

« Le pouvoir judiciaire qui tient en toute indépendance une place essentielle dans le maintien de l’État de droit est conscient de la nécessité de lutter contre le terrorisme avec efficacité, tout en garantissant le respect des droits humains et des libertés individuelles et collectives. La justice est tenue de juger les auteurs présumés des actes terroristes en toute objectivité et impartialité en leur reconnaissant la présomption d’innocence et en leur assurant un procès équitable, a souligné le président Kondé. Elle doit, pour ce faire, respecter les dispositions constitutionnelles qui font de  notre pays un Etat de droit et tenir compte des obligations internationales souscrites par l’Etat burkinabè. Au même moment, la justice doit faire face à l’incompréhension et à la pression très forte du peuple au nom duquel elle rend les décisions de justice », a souligné Jeanne Somda/Soulama, Commissaire du gouvernement adjointe au Conseil d’Etat.

L’état apportera les moyens nécessaires souhaités

Pour le chef de l’Etat, qui s’est exprimé face à la presse à l’issue de l’audience solennelle, toutes les institutions de la république, notamment les trois pouvoirs (judiciaire, exécutif et législatif) doivent conjuguer leurs efforts dans cette lutte contre le terorisme. Sur la question des difficultés, il est revenu sur le manque des moyens financiers et humains pour aider ces juridictions à pouvoir assurer leurs missions.  « J’ai noté toutes les préoccupations, dit-il,  et nous ferons en sorte que l’Etat puisse satisfaire à ces conditions ». Pour le premier président par intérim du Conseil d’Etat, Marc Zongo, qui a présidé l’audience solennelle, le choix du thème de cette rentrée s’explique par la recrudescence des attaques terroristes, qui appelle à une synergie d’actions dans la lutte contre le fléau. Qu’est-ce qu’il nous faut encore pour comprendre que la lutte contre le terrorisme est l’affaire de tous, même si ce sont les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et les Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) qui sont actuellement en première ligne, s’est-il interrogé? La lutte doit être menée par tous les corps de l’Etat et tous les organes et institutions de la République, au nombre de ces organes, le pouvoir judiciaire », a indiqué le président par intérim du Conseil d’Etat.

Fatimata COMPAORE