
Les chiffres du dernier rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur l‘épidémie de rougeole dans le monde sont inquiétants. Les cas de rougeole ont augmenté de 300 % dans le monde au cours des trois premiers mois de 2019. L’Afrique est le continent le plus touché avec un bond de 700%. La maladie a atteint son pic à Madagascar où elle a fait plus de 1 000 morts.
Au premier trimestre de l’année 2019, 170 pays ont signalé 112.163 cas de rougeole à l’OMS, contrairement à l’année 2018, à la même période, 28.124 cas de rougeole avaient été recensés dans 163 pays. Cela représente une augmentation de 300% des cas de la maladie. L’OMS a cependant précisé qu’il s’agissait de chiffres provisoires et donc encore incomplets et estime que moins d’un cas sur dix est signalé dans le monde. La situation est plus critique en Afrique qu’ailleurs dans le monde. Ce continent enregistre un bond de 700% des cas au cours des trois premiers mois de l’année 2019. L’Europe vient en deuxième position avec 300%, suivie de la Méditerranée orientale 100%, les Amériques 60% et la région de l’Asie du Sud-Est/Pacifique occidentale 40%, a indiqué l’OMS dans son dernier rapport rendu public en ce mois d’avril 2019. Cette hausse des cas dans le monde s’explique en général par une défiance envers les vaccins dans les pays riches ou d’un mauvais accès aux soins dans les pays pauvres, rapporte l’OMS qui précise que ces flambées de cas sont constatées en République démocratique du Congo, en Ethiopie, en Géorgie, au Kazakhstan, au Kirghizistan, à Madagascar, en Birmanie, aux Philippines, au Soudan, en Thaïlande et en Ukraine « causant de nombreux décès, principalement parmi les jeunes enfants ».
A Madagascar, l’épidémie a tué plus de 1 000 personnes en sept mois
Malgré une flambée généralisée, le cas malgache est très inquiétant. Le pays a depuis lors initié une campagne de vaccination mais a du mal à contenir l’épidémie déclenchée depuis le mois de septembre 2018. Selon l’OMS, en février 2019, plus de 79.000 cas de rougeole ont été enregistrés à Madagascar, dont 926 mortels. En avril 2019, le bilan de l‘épidémie donne froid dans le dos : 115 000 cas ont été dépistés pour plus de 1 200 décès, faisant de l‘épidémie en cours la plus importante que Madagascar n’ait jamais connu. La pauvreté et le manque d’informations constituent les principaux facteurs d’aggravation de l’épidémie sur la Grande île, a indiqué l’OMS. En effet, à Madagascar, plus de 50 % des enfants sont malnutris, rendant compliquée la lutte contre la maladie en raison de l’affaiblissement du système immunitaire des enfants. Aussi, dans ce pays, les croyances ont la peau dure. Certains parents ne croient pas en l’efficacité des vaccins et préfèrent se référer aux tradipraticiens. Une fois tous les recours de la médecine traditionnelle épuisés, ils se tournent alors vers la médecine moderne, parfois trop tard, a expliqué l’organisation mondiale de la santé. Elle ajoute également que la campagne gratuite initiée par le gouvernement reste parfois inaccessible pour les populations vivant dans des régions reculées du pays. Seulement 58 % des habitants de Madagascar ont été vaccinés contre la rougeole.
La rougeole se manifeste par une forte fièvre puis une éruption de plaques. Elle est contagieuse quatre jours avant et après cette éruption. Souvent bénigne, elle peut toutefois entraîner des complications graves, respiratoires (infections pulmonaires) et neurologiques (encéphalites), en particulier chez les personnes fragiles. Les autorités sanitaires mondiales insistent sur l’importance du vaccin, au niveau individuel mais aussi collectif.
Auguste Don de Dieu



















