Scandale financier à répétition à la fonction publique du Niger

Le président Bazoum débute son mandat dans un scandal financier suite auquel il a diligenté une enquête

Plusieurs fonctionnaires ont été mis aux arrêts, ce mercredi 28 juillet 2021, à Niamey, pour leur implication présumée dans une affaire de détournement de fonds du Trésor public d’un montant de huit milliards de francs CFA (12 millions d’euros), selon RFI.

On se souvient qu’en 2020, une autre affaire avait défrayé la chronique du côté du Niger. En effet, pour mémoire l’affaire concernant du matériel militaire non livré et des surfacturations dans le secteur de la défense, pour un montant de 32,6 milliards de francs CFA (50 millions d’euros), avait fait les gros titres des journaux et voilà qu’une autre affaire du même genre vient d’être dévoilée. Pour l’instant, ni le nombre ni l’identité des prévenus n’ont été précisés par les services du procureur de Niamey, en charge du dossier. Selon la presse locale, une quinzaine de personnes seraient poursuivies et d’autres toujours entendues par les enquêteurs. Selon RFI, le principal auteur de ce détournement serait déjà en prison depuis mai dernier. Il est accusé d’avoir fait sortir ces huit milliards de francs CFA entre 2017 et 2021 grâce à de « fausses lettres d’autorisation de paiement ». Mi-juillet, le président nigérien, Mohamed Bazoum, révélait avoir diligenté une inspection au Trésor pour enquêter sur ces détournements de fonds, qui ciblait « un agent du service des transports de la présidence de la République ».

Des têtes vont tomber …

De l’enquête diligentée, il ressort, selon le rapport, qu’une chaîne de complicités présumées impliquant des hauts responsables du Trésor, des hommes politiques et des ministres, toujours selon la presse nigérienne. Joint par RFI, Ali Idrissa responsable du Réseau des organisations pour la transparence et l’analyse budgétaire, un réseau d’ONG qui milite pour plus de transparence, affirme que cette « nouvelle affaire témoigne de la mauvaise gouvernance de l’ancien régime » de Mahamadou Issoufou. « Tous ceux qui sont impliqués doivent rendre des comptes, dit-il, et pas seulement quelques agents subalternes. ». L’enquête des autorités chargé du dossier qui doit se poursuivre va s’en doute révéler d’autres noms et des têtes risquent de tomber. Le président, Bazoum, qui a fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille, devra, sans doute, éloigner les brebis galeuses de son administration, s’il souhaite gouverner dans la crédibilité et la transparence.

Source : RFI

Pierre Oued.