Sénégal : Des féministes protestent contre la  »culture du viol »

Des dizaines de militantes féministes ont protesté samedi à Dakar contre le laxisme présumé de la justice face aux violences faites aux femmes.

Le Collectif des féministes au Sénégal contre les violences faites aux femmes souhaite plus de sécurité pour les femmes

Samedi 3 juillet dernier elles étaient réunies sur la place de la Nation, traditionnel lieu des manifestations dans la capitale sénégalaise pour dénoncer le laxisme de la justice et la trop grande tolérance de la société sénégalaise envers les violences faites aux femmes. Ces femmes ont répondu à l’appel du tout nouveau « Collectif des féministes au Sénégal contre les violences faites aux femmes », créé après une nouvelle retentissante affaire de viol d’une adolescente. « Brisons la violence, pas les femmes » ou encore « Stop à la culture du viol », ont scandé les manifestantes. Pour ces femmes, la justice sénégalaise semble être trop tendre avec les auteurs des victimes et souvent pas assez prête à défendre les victimes. ‘’ La majeure partie des cas n’arrive même pas devant la justice et quand ça arrive devant la justice, on cherche toujours à savoir qu’est-ce que la victime a fait ? Qu’est-ce qu’elle a fait pour avoir méritée ce viol ? Qu’est-ce qu’elle portait ? Où est-ce qu’elle était ? Pourquoi sa mère ne la surveillait pas ? Même quand on est en face d’une fille de 2 ou 3 ans, on cherche des justifications, on cherche à apaiser le violeur.” a déploré la porte-parole des féministes, Aissatou Sène, dans des propos rapportés  par Africanews.

Plus de sécurité pour les femmes

Face à ce qu’elle qualifie de laxisme, les femmes du « Collectif des féministes au Sénégal contre les violences faites aux femmes » ont demandé « Justice pour toutes les Louise », pseudonyme d’une jeune fille d’une quinzaine d’années qui a porté plainte en mai pour viol contre un de ses condisciples du Lycée français de Saly, station balnéaire située au Sud de Dakar. Les manifestantes disent attendre  de l’Etat qu’il y ait des structures, des maisons d’accueil, qu’il y ait tout ce qu’il faut pour l’accompagnement des victimes. Que l’Etat mette les femmes en sécurité.  “Si on (la femme) ne  se sent pas en sécurité dans nos maisons, si on se sent pas en sécurité dans la rue et qu’on ne sent absolument pas en sécurité avec l’Etat et la justice, il y a un problème. Et, on ne peut pas continuer à vivre dans un pays qui ne nous considère pas. « , a souligné Aissatou Sène.

Les sénégalaises ont dénoncé les récurrents cas de viols et l’inaction de l’Etat

Line Rose