Situation sécuritaire : Le président Kaboré annonce de grandes mesures

Tard dans la nuit du 25 novembre 2021, le président du Faso, Roch Kaboré, s’est adressé à la nation burkinabè. Au cours de cette intervention télévisée, le chef de l’Etat est revenu sur les récentes attaques meurtrières, la vague de mécontentements qui s’en est suivi et a annoncé des mesures importantes.

Le chef de l’Etat, Roch Kaboré, une fois de plus, a invité ses compatriotes à faire preuve de discernement et de retenue dans la dure épreuve que traverse le pays

Il est 23 heures passées quand le président du Faso, Roch Kaboré, décide de s’adresser à ses compatriotes. A l’entame de son propos, il donne sa lecture de la crise apparente, née de la l’attaque terroriste très meurtrière qui a plongé le peuple burkinabè dans l’indignation. «Peuple du Burkina Faso, compatriotes de la diaspora. Il y a des moments dans la vie des hommes ou des Etats, où devant les épreuves, le silence est plus éloquent que la parole, tellement la douleur ressentie est vive et insoutenable», dit-il, avant d’ajouter que «l’onde de choc» qu’ont suscité ces récentes incursions terroristes interpelle à plus d’un titre la nécessité de remettre au goût du jour les capacités offensives des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) du pays des Hommes intègres.

Mettre fin aux négligences et à la bureaucratie dans l’Armée

Revenant sur les manquements révélés par plusieurs sources, en relation avec le besoin en produits de première nécessité des forces combattantes, le président Kaboré, en plus de déplorer cette situation, réaffirme sa volonté de voir les coupables sanctionnés. «Nous devons mettre fin aux dysfonctionnements inacceptables qui sapent le moral de nos troupes combattantes et entravent leur efficacité dans la lutte contre les groupes armés terroristes», a-t-il formulé. A l’entendre, plus rien ne sera comme avant car “les soldats ne doivent pas être abandonnés à eux-mêmes, du fait de la bureaucratie ou de négligences manifestement coupables”, selon ses propos. Lors de sa dernière sortie télévisée, le chef de l’Etat avait annoncé l’ouverture d’une enquête administrative à l’issue de laquelle des sanctions allaient être infligées aux éventuels coupables. De ce discours tard dans la nuit du 25 novembre 2021, il ressort qu’à cette investigation dont les résultats sont attendus en début de semaine prochaine, seront greffées, au besoin, des conséquences disciplinaires et des poursuites judiciaires.

  Gouvernement restreint,  hiérarchie militaire désormais aux fronts

Depuis l’attaque d’Inata, des mouvements d’humeur sont constatés sur tout le territoire national. Lors de ces manifestations, des voix s’élèvent, et non des moindres, pour appeler à la démission du locataire du chef de l’Etat. Tout en se disant sensible à des réactions légitimes contre l’insécurité, dit-il, le président Kaboré a invité ses compatriotes à faire preuve de retenue «en se démarquant de tous les vendeurs d’illusions qui veulent saper les fondements de notre Nation». Désormais, il est question de la «présence effective et active» de la hiérarchie militaire aux côtés des troupes sur les différents fronts, la formation prochaine d’une équipe (gouvernementale, ndlr) «resserrée et plus soudée» et la mise en oeuvre pratique d’une opération d’envergure de lutte contre la corruption. Autant de mesures dont on se demande si elles contribueront à faire baisser la tension sociale, très palpable au Burkina Faso? Auront-elles un écho favorable auprès des initiateurs de la marche anti-pouvoir prévue pour ce samedi 27 novembre 2021, interdite par les autorités municipales de la capitale? On attend de voir.

Abdoul Karim TAPSOBA