Un tribunal soudanais a condamné à mort six membres d’une force paramilitaire redoutée, jeudi dernier, pour avoir tué six manifestants en 2019 lors des manifestations contre les pénuries de nourriture et de carburant.
Les manifestants, dont quatre écoliers, ont été abattus en juillet 2019 dans la ville d’Al-Obeid au Nord Kordofan, déclenchant l’indignation dans tout le Soudan. Quelques jours plus tard, 9 membres de l’unité paramilitaire des Forces de soutien rapide (RSF) ont été arrêtés. Lors de leur procès jeudi, diffusé sur Sudan TV, le juge Mohamed Rahma a condamné à mort 6 des accusés, acquitté 2 autres et renvoyé 1 devant un tribunal pour mineurs, car il avait moins de 18 ans. Rahma a déclaré à l’agence Suna que les actions des 6 personnes jugées coupables étaient « inutiles » et « n’étaient pas à la hauteur » des prétendues provocations verbales des manifestants lors de la manifestation dite pacifique. Au Soudan, les condamnations à mort sont généralement exécutées par pendaison. Les 6 condamnés à mort peuvent faire appel de la décision. Les familles des victimes ont exigé des « représailles » pour les meurtres commis lors du procès. Le RSF a été formé en 2013, sous l’ex président Omar el-Béchir, qui a été renversé en avril 2019, à la suite de manifestations de masse contre son régime.
Le groupe paramilitaire est issu de milices arabes “Janjaweed” déployées par le gouvernement pour écraser une rébellion des minorités ethniques dans la région occidentale du Darfour en 2003. Le RSF est dirigé par Mohamed Hamdan Daglo, connu sous le nom de Hemeti, actuellement membre éminent de la junte militaire au pouvoir. Un mouvement de protestation a longtemps blâmé les RSF pour la violence meurtrière contre les manifestants, y compris la rupture, en juin 2019, d’un sit-in de masse à Khartoum. En juin 2019, des hommes armés, en treillis, ont pris d’assaut le site et lancé une répression de plusieurs jours qui a fait au moins 128 morts, selon des médecins liés au mouvement de protestation. Les généraux au pouvoir au Soudan, à l’époque, ont nié avoir ordonné la dispersion sanglante et appelé à une enquête sur l’incident.
K.Fiakofi



















