Soudan : Omar al-Bashir et d’autres responsables de crimes au Darfour seront transférés à la CPI

Le Soudan va remettre l’autocrate de longue date Omar al-Bashir à la Cour pénale internationale avec d’autres responsables recherchés pour le conflit du Darfour, a déclaré mercredi dernier à l’AFP, la ministre des Affaires étrangères Mariam al-Mahdi.
Le « cabinet a décidé de remettre les responsables recherchés à la CPI », a déclaré Mahdi, citée par les médias d’État. Bashir, qui a dirigé le Soudan d’une main de fer pendant trois décennies avant d’être destitué au milieu des manifestations populaires en 2019, fait face à des accusations de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité au Darfour. Les Nations Unies affirment que 300 000 personnes ont été tuées et 2,5 millions déplacées dans le conflit, qui a éclaté dans la vaste région occidentale en 2003, selon l’AFP. L’ex Chef d’Etat Al Bashir, 77 ans, est recherché par la CPI depuis 2009, date à laquelle elle a émis un mandat d’arrêt à son encontre. La décision de le livrer est intervenue lors d’une visite au Soudan du procureur en chef de la CPI, Karim Khan.
La guerre du Darfour
Le Soudan est dirigé depuis août 2019 par une administration civilo-militaire de transition qui s’est engagée à rendre justice aux victimes des crimes commis sous Bashir. Khartoum a signé un accord de paix en octobre dernier avec les principaux groupes rebelles du Darfour, certains de leurs dirigeants occupant des postes de direction au gouvernement, bien que la violence continue de hanter la région. La guerre du Darfour a éclaté en 2003 lorsque des rebelles non arabes ont pris les armes, se plaignant d’une discrimination systématique de la part du gouvernement dominé par les Arabes de Bashir. Khartoum a répondu en déclenchant la fameuse milice Janjaweed, recrutée parmi les peuples nomades de la région. Les groupes de défense des droits humains accusent depuis longtemps Bashir et ses anciens collaborateurs d’utiliser une politique de la terre brûlée, de violer, de tuer, de piller et d’incendier des villages. L’année dernière, le chef présumé de la milice Janjawid Ali Muhammad Ali Abd al-Rahman, également connu sous le nom de guerre Ali Kushayb, s’est rendu au tribunal, et les juges de la CPI ont déclaré en juillet qu’il serait le premier suspect à être jugé pour le conflit du Darfour, faisant face à 31 chefs d’accusation, dont meurtre, viol et torture.

Pierre Oued.
Source : AFP