La colonie de Haute Volta, créée le 1er mars 1919, a été, au cours de son existence, supprimée en 1932 puis reconstituée en 1947 par la métropole française dans ses limites actuelles. Pendant plus d’une décennie, les Voltaïques se perdaient en conjectures, répartis, à cette époque, entre plusieurs colonies.
Les raisons de la suppression de l’ancienne colonie de Haute Volta, actuel Burkina Faso, le 5 septembre 1932 étaient diverses et multiformes. Ce territoire n’ayant pas de débouchées maritimes, ne bénéficiait pas, par conséquent, des largesses climatiques. Contrairement à ces voisins immédiats, notamment la Côte d’ivoire et la Gold Coast (actuel Ghana), les sols voltaïques n’étaient pas non plus favorables à des grandes exploitations agricoles. Cependant, avec une population estimée, en 1931, à près de 3 millions d’habitants selon les statistiques officielles, la Haute Volta disposait ainsi d’une forte main-d’œuvre qui suscitait la convoitise de certains de ses voisins, la Côte d’Ivoire notamment.
Quelques raisons de la suppression de la Haute Volta
Les conditions de vie difficiles, la pression de l’impôt de capitation institué par l’administration coloniale, la pauvreté et la recherche des meilleures conditions de vie vont finir par contraindre nombre de Voltaïques à migrer vers la Côte d’ivoire et la Gold Coast. La Haute Volta devenait, de ce fait, un réservoir de main d’œuvre au profit des travaux champêtres dans ces pays limitrophes. C’est dans ce contexte que le 5 septembre 1932, Albert Sarraut, ministre français des Colonies, prit un décret qui consacra la suppression de la Haute Volta et de son partage entre ses voisins immédiats. Cette décision, à en croire certaines sources, était également motivée par la volonté de la puissance colonisatrice de restreindre le coût de fonctionnement de cette colonie, en raison du peu d’intérêt économique qu’il présentait à cette époque. L’annonce de cette mesure va créer un mécontentement général au sein de la colonie et plusieurs actions seront dès lors entreprises afin d’amener l’Hexagone à reconsidérer sa position.
Certains acteurs majeurs de sa reconstitution
Des chefs coutumiers aux élites politiques, des actions d’envergure seront mises en branle en vue de la reconstitution de ce territoire. Parmi les figures de proue de cette lutte, figurent le Mogho Naba Sagha II et son fils Mogho Naaba Sagha II, tous successivement empereurs des Mossis (ethnie majoritaire de la colonie), Daniel Ouezzin Coulibaly, Phillipe Zinda Kaboré, Henri Guissou etc. Ces deux entités de la société voltaïque semblaient se lasser de l’utilisation abusive et humiliante de leurs compatriotes dans les plantations des pays voisins. Par ailleurs, d’autres percevaient le rattachement de la colonie à ses voisins, plus comme une sanction qu’une récompense. Tous ces griefs, combinés au refus de la balkanisation
Retour à la vie normale
C’est ainsi que le 4 septembre 1947, après 15 ans de mise sous coupes réglées, la colonie de Haute Volta retrouvait son existence légale et, naturellement, ses limites territoriales d’avant sa suppression. Un peu plus tard, elle va bénéficier de l’autonomie de gestion le 11 décembre 1958 et accède, enfin, à la souveraineté internationale, le 5 août 1960. Sa dénomination actuelle Burkina Faso (pays des Hommes intègres) date du 4 août 1984, à la faveur de la Révolution, conduite à l’époque par le Capitaine Thomas Sankara.
Abdoul Karim TAPSOBA (Stagiaire)

















