Tchad : Albert Pahimi Padacké désigné à la tête du gouvernement de transition

«J’accepte d’être Premier ministre du Tchad, car l’heure est à l’union sacrée». C’est par ces mots que M. Padacké a acté sa nomination ce lundi 26 avril 2021, au poste de premier ministre du gouvernement de transition selon un décret signé par Mahamat Idriss Déby, président du Conseil militaire de transition (CMT), selon les médias.

Après Déby père, Albert Pahimi Padacké sera premier ministre de Déby fils

Dernier Premier ministre d’Idriss Déby Itno mort au combat contre des rebelles la semaine dernière, Albert Pahimi Padacké a été plébiscité pour diriger le gouvernement du Conseil militaire de transition. Leader du parti politique RNDT Le Réveil, et arrivé en deuxième position à l’élection présidentielle du 11 avril dernier, M. Padacké dispose d’un délai de 15 jours pour proposer au président du CMT une liste de ministres pour former le gouvernement de la transition. En effet, s’il est arrivé deuxième à l’élection présidentielle, Albert Padacké avait décidé lui de ne pas boycotter le scrutin contrairement à beaucoup de candidats de l’opposition. A la question de savoir Pourquoi il a accepté le poste de Premier ministre, il a laissé entendre, selon RFI, que ‘’la situation du pays exige que tous les Tchadiens se mettent au-dessus de toutes les considérations, pour écarter les défis communs, à savoir, la paix, la stabilité. La situation du Tchad, à la date d’aujourd’hui, se pose en termes d’union sacrée des enfants du pays, afin de sauver notre nation en péril’’.

Lourde tâche de réunir une équipe capable de conduire la transition

Dans un autre décret signé par le président de transition que dirige Mahamat Idriss Déby, le neveu de l’ancien président Idriss Déby, Idriss Youssouf Boy, a été nommé secrétaire particulier du président du CMT, poste jusqu’ici occupé par l’ancienne Première dame Hinda Itno, nous indique France24. Les principaux partis d’opposition, ainsi que les syndicats et la société civile, ont dénoncé la semaine dernière un “coup d’État institutionnel” et ont appelé à une “transition dirigée par les civils, à travers un dialogue inclusif”. Cependant, le chef de l’état français, Emmanuel Macron a affirmé le soutien de la France à la junte militaire au pouvoir. Le Tchad demeure un allié de taille de la France dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. Environ 1300 soldats tchadiens sont engagés au Mali en soutien à la force Barkhane et les armées des trois pays ( Niger, Mali, Burkina ) en proie aux attaques terroristes. N’Djamena abrite le commandement de l’opération G5 Sahel.
Tout changement de régime au Tchad est de nature à impacter sur les plans de Paris dans la lutte contre les organisations terroristes au Sahel. En attendant, Albert Pahimi Padacké a la lourde tâche de réunir une équipe capable de conduire la transition dirigée par les militaires.

Pierre Oued.