Située à 416 km d’Abidjan, Bondoukou, surnommée » la ville aux mille mosquées », est le chef-lieu de la région administrative du Gontougo et la capitale du pays Zanzan, au nord-est de la Côte d’Ivoire. Cette ville abrite en son cœur, le musée des arts et traditions, un bâtiment à l’architecture unique.
Le musée des arts et traditions de Bondoukou s’impose de par son emplacement du fait qu’il est le point de croisement des 4 principales artères de la ville. Avec ses 4 entrées correspondant aux 4 points cardinaux, il se veut être l’identité de la ville de Bondoukou. Ce musée des arts et traditions fut autrefois, le 1er marché de Bondoukou, avant de cesser de l’être à la faveur de la construction, en 1971, de l’actuel marché central.
En 1989, le bâtiment fait sa mue (de terre cuite à son renforcement avec du ciment), après avoir été défiguré par les effets des crises socio-politiques et militaires qui se sont succédé en Côte d’Ivoire de 1990 à 2011. Cette métamorphose n’a rien changé à son plan d’origine, selon Ouattara Bema, jeune volontaire qui s’occupe des rares antiquités du musée. « On retrouve le même plan au Mali. Précisément à Bamako et à Sikasso », a-t-il déclaré à zanzan.ci . Une jolie architecture, qui cependant peine à susciter de l’engouement du fait des légendes et rumeurs racontées à son sujet. « C’est le siège des génies ! », raconte-t-on. Des affirmations rejetées en bloc par Bema, pour qui ces histoires sont l’expression de l’aversion des masques et autres objets anciens. « Ceux qui affirment ces choses méconnaissent l’art », soutient-il. La conséquence du désintérêt des populations est visible. Ce lieu de mémoire joue moins le rôle d’un musée. Seules les fresques d’anciens rois sur les murs de l’intérieur et les quelques masques dans le bureau du jeune volontaire permettent de lui reconnaître ce rôle. Dans la cour du bâtiment, se trouve la 1ère machine à charbon ayant bitumé la ville.
Cependant, pour son architecture “unique”, le musée des arts et traditions de Bondoukou a été classé monument historique par l’Etat. Il attend de recevoir tous les honneurs dus à ce statut.
Source: zanzan.ci
Roseline BADO

















