Tunisie: Des milliers de personnes manifestent contre les reformes du président

Il s’agissait du dernier rassemblement contre la décision du président Kais Saied du 25 juillet de limoger le gouvernement, de suspendre le parlement et de s’emparer d’un éventail de pouvoirs, citant une « menace imminente » pour le pays.Plus de 3.000 manifestants se sont rassemblés, criant « Le peuple veut faire tomber le coup d’Etat » et « Le projet de Kais est une guerre civile » et qualifiant le président d' »agent du colonialisme », a rapporté l’AFP. Certains manifestants portaient des pancartes indiquant « Non à l’intimidation des médias » et réclamant « une autorité judiciaire indépendante ». Les manifestants “ont fermé toutes les rues, les avenues, les autoroutes”, a déclaré Jawhar Ben Mbarek, une figure de la gauche tunisienne. « Après avoir fermé l’État, Saied a fermé les institutions, la constitution. Il a fermé le pays », a-t-il accusé. Mercredi, Amnesty International a averti que « les tribunaux militaires tunisiens ciblent de plus en plus les civils, dans certains cas pour avoir critiqué publiquement le président Kais Saied ».

Tribunaux militaires

Il a indiqué qu’au cours des trois derniers mois, au moins 10 civils ont fait l’objet d’enquêtes par des tribunaux militaires. Le 22 septembre, Saied a suspendu certaines parties de la constitution et instauré un régime par décret, maintenant le contrôle total du pouvoir judiciaire ainsi que le pouvoir de limoger des ministres et de promulguer des lois. Avec la nomination d’un nouveau gouvernement en octobre, avec Najla Bouden comme première femme Premier ministre, Kais Saied a considérablement réduit les pouvoirs de son bureau et dirigera techniquement lui-même l’administration. Certains de ses opposants l’ont accusé de rechercher une nouvelle dictature.Mais les partisans du président disent que ces mesures étaient nécessaires après des années d’impasse entre les partis politiques considérés comme corrompus et égoïstes. Youssef Cherif des Columbia Global Centers for North Africa a déclaré à l’AFP que les plans de Saied n’étaient pas clairs. « La tendance est d’aller vers un régime présidentiel, mais on ne sait pas si ce sera dans un cadre démocratique ou non », a-t-il déclaré.

Source:L’AFP par Nation Africa

K.Fiakofi