Tunisie: Les Journées Cinématographiques de Carthage projettent dans les prisons

Les Journées cinématographiques de Carthage ou JCC sont un festival de cinéma qui se tient tous les deux ans à Tunis, capitale de la Tunisie, en alternance avec les Journées théâtrales de Carthage. Les JCC deviennent un festival annuel en 2015. Il est à ce jour la plus ancienne manifestation de ce genre encore active en Afrique

Le plus grand festival de cinéma tunisien a débuté le samedi 30 octobre 2012, il se veut une vitrine des cinémas africains et arabes. En plus de l’événement officiel, le festival pousse aussi les portes des prisons tunisiennes. Les détenus tunisiens ont donc la possibilité, eux aussi, de visionner des films en compétition. En tout, ce sont dix films, courts et longs métrages, qui seront projetés dans les prisons tunisiennes pendant une semaine. Quelque 14 000 détenus soit plus de la moitié de la population carcérale tunisienne vont ainsi voir le cinéma venir à eux.

Sept ans maintenant que cet événement est organisé en partenariat avec l’Organisation Mondiale contre la Torture (OMCT) représentée par Gabriele Reiter. Cette année, et c’est une première, quelques détenus sont autorisés à quitter la prison pour assister au festival en toute liberté. « L’objectif le plus important, c’est d’amener aux détenus un moment de détente, de les faire participer à quelque chose qui est vraiment chouette, nous explique Gabriele Reiter. Toute la Tunisie est ravie quand les JCC ont lieu ; en prison aussi. Les réalisateurs, les acteurs viennent débattre (avec les détenus) et c’est très apprécié », a-t-il ajouté selon RFI

Imaginée par le cinéaste Tahar Cheriaa et lancée officiellement en 1966 par le ministre tunisien de la Culture, Chedli Klibi, cette manifestation, une première du genre dans le monde arabe, a pour objectif premier de mettre en avant le cinéma d’Afrique subsaharienne et du monde arabe, créer des ponts de dialogues entre le Nord et le Sud et proposer une rencontre entre cinéastes et amoureux du cinéma de tous bords.

Source: Allafrica, RFI

Fatimata COMPAORE