Zambie: Sept millions de Zambiens étaient appelés aux urnes jeudi pour les élections générales

Sur les 16 candidats à la présidentielle qui se sont affrontés ce jeudi 12 août 2021 en Zambie, les deux favoris sont les ennemis jurés Edgar Lungu, le président sortant, et Hakainde Hichilema, un homme d’affaires autodidacte et charismatique.

En Zambie, les électeurs étaient aux urnes ce jeudi 12 août pour choisir leur président. Depuis mai, les deux principaux prétendants sillonnaient le pays enclavé d’Afrique australe, riche en cuivre, en dépit d’une campagne limitée par les restrictions liées à la pandémie de coronavirus. Quatorze autres candidats sont également en lice mais la course se joue essentiellement entre le président sortant Edgar Lungu, 64 ans, et Hakainde Hichilema, 59 ans, homme d’affaires autodidacte et charismatique qui se présente pour la sixième fois rapporte France 24. Au petit matin, des centaines de personnes ont formé des files d’attente impressionnantes devant les bureaux de vote. Dans le township de Matero, des impatients pressent un policier pour entrer dans la cour de l’école déposer leurs bulletins les premiers, a constaté l’AFP citée par la Croix.
Plus serré qu’en 2016
La hausse du coût de la vie a érodé la base de soutien du président sortant, selon les sondages, et l’élection pourrait être plus serrée qu’en 2016, quand Hakainde Hichilema, surnommé « HH », avait perdu d’un peu plus de 100 000 voix. Edgar Lungu, avocat de formation, est critiqué pour avoir emprunté de façon insoutenable, notamment auprès de créanciers chinois, pour financer une frénésie de projets d’infrastructure. L’inflation a grimpé à plus de 20 % sous sa présidence et fin 2020, la Zambie est devenue le premier pays d’Afrique à se retrouver en défaut de paiement depuis l’apparition du coronavirus.
Les résultats sont attendus avant dimanche
Le président s’est montré aussi de plus en plus dur à l’égard de l’opposition depuis son arrivée à la tête de l’État en 2015, faisant craindre des tensions en cas de contestation des résultats, qui devraient être connus d’ici dimanche soir. Quelque sept millions d’électeurs étaient aux urnes dans ce pays de 17 millions. Outre la présidentielle ils votent aussi pour les législatives et les municipales. Le gagnant doit obtenir plus de 50 % des voix pour éviter un second tour, ce que les observateurs jugent peu probable. Le gouvernement a menacé de bloquer Internet si certains « colportent des faussetés pouvant déstabiliser » l’élection.
Oumou Konaté